12 novembre 2012

Ces événements sportifs que Tours et sa région ne peuvent organiser

819359

"La France a un retard en matière de grande salle" : c'est en ces termes qu'un rapport de 2010 évoquait le manque d'enceintes pour accueillir des compétitions d'envergure internationale.

A titre d'exemple pour accueillir la phase finale du championnat du monde de handball, de volley-ball, ou de basket-ball, il faut disposer d'une salle de 15 000 places et d'une multiplicité de structures connexes (salles d'entraînement, de soins, d'accueil pour les médias, mais aussi vestiaires, espaces d'hospitalité, de restauration etc.). Or, si l'on excepte le Palais Omnisport de Paris Bercy, la France n'a pas les moyens suffisant de candidater à de tels événements. En effet, contrairement à l'Allemagne, l'Espagne, la Suède, l'Angleterre ou la Russie, notre pays n'a construit aucune salle de plus de 10 000 places depuis 1990.

En région Centre le manque de salles d'envergure se fait justement sentir. Pourtant, trois clubs sportifs ont ancrés dans la durée des résultats plus qu'honorables. Au "niveau élite", il y a un club masculin de basket (Orléans), un club féminin de basket (Bourges), et un club masculin de volley-ball (Tours). Ces trois clubs jouent dans des salles d'environ 3 000 places, c'est en général suffisant mais cela ne répond pas au cahier des charges des compétitions internationales et même des coupes d'Europe.

Par conséquent, la ville de Tours n'a pas les moyens d'organiser la Ligue des Champions alors que le Tours Volley-Ball - son club phare - a été deux fois finaliste de cette compétition et même vainqueur en 2005. De son côté, Orléans a des difficultés quand elle veut organiser les matchs de coupe d'Europe de l'Entente Orléanaise ; même si contrairement à Tours la ville dispose d'un Zénith, l'aménagement de celui-ci représente un surcoût important. Plus embêtant, un club peut être amené à jouer en dehors de sa ville, voire même en dehors de sa région ; ce fut le cas du Saint-Cyr Touraine Handball qui en 2011 jouait dans la salle Antarès du Mans un match contre Montpellier.

Aujourd'hui rénover ne suffit plus, il faut construire les outils qui demain contribueront au rayonnement des sports en salle. Pour cela, il convient de les penser différemment et d’envisager ces édifices comme des leviers d’aménagement du territoire. Ces salles doivent être multifonctionnelles (accueillir aussi bien des spectacles que du sport) pour disposer d'un modèle économique viable. Ce serait le cas à Orléans où une ARENA  est à l'étude : un projet de 100 millions d'euros et d'une capacité de 10 000 places pour un match de basket-ball. Il s’y tiendrait également des matchs de Coupe Davis, des comédies musicales, des opéras et divers shows. C'est un engagement fort du député-maire qui fait pression auprès du gouvernement et a obtenu que son ARENA fasse partie des 7 enceintes sportives nationales déclarées d’utilité publique. Il faut dire qu'il a l'avantage de ne pas avoir de concurrence avec le football alors qu'à Tours, il y a toujours un équilibre délicat à trouver dans les investissements entre le volley-ball et le football.

Quelles solutions se dessinent pour organiser un "final four" de Ligue des Champions ?
- Une première solution serait de louer l'ARENA d'Orléans quand elle sera édifiée. Toutefois ce projet piétine à cause de son coût exorbitant.
- Une deuxième solution serait donc de "couper la poire en deux"  et de construire un édifice dans chaque ville d'une taille inférieure (environ 5 000 places) à l'image de ce qui se construit à Brest et Angers.
- Une troisième solution serait d'utiliser le Grand Hall de Tours. Si cette possibilité a été évoquée, il semble qu'elle reste bloquée dans les cartons parce que de lourds travaux pour aplanir le sol sont nécessaires. En effet, le problème du Grand Hall c'est qu'il n'est ni une véritable salle de concert, ni une salle de sport : il n'est pas équipé de tribunes et la sonorisation n'est pas épatante.
Incontestablement les deux dernières solutions favoriseraient une véritable ferveur autour d'un sport qui a tant apporté aux tourangeaux.

Une municipalité seule ne peut subventionner de telles structures, outre l'aide de la Région il est probable que des fonds structurels européens participeront aux financements des projets de grandes salles. Certes, dans le contexte actuel ce n'est pas une priorité mais à moyen terme il est essentiel de remédier au retard accumulé. 


Commentaires sur Ces événements sportifs que Tours et sa région ne peuvent organiser

Nouveau commentaire